Beauté contagieuse

Beauté contagieuse, nécessaire à tout projet, pour contrer l'adversité.

Où il est question du pouvoir régénérateur, amplifiant et stimulant de la beauté. Pour les humanités, la beauté est une grande vertu et elle se doit d’être enseignée. Qualifiée d’utilité publique, et non d’accessoire, elle permet d’élever et de donner de l’ampleur à tout ce que nous entreprenons.

Éduquer à la beauté

« Le but de toute l’éducation est d’enseigner à aimer la beauté ». Avec ces mots, Platon entrevoit que le devoir vital et urgent qui incombe à tout être humain est de s’occuper de la beauté : explorer et apprécier l’expérience esthétique dans toutes ses dimensions et manifestations. Il n’y a rien de futile là-dedans. La beauté, ce n’est pas une image figée sur papier glacé, mais ce qui est vivant et imprime un mouvement, ce qui engendre une émotion positive, un effet stimulant : en ce sens, la beauté est régénératrice. Il suffit d’un paysage, une musique, une peinture, un livre, un visage, un sourire, une fleur… Peu importe ce qui nous influence : la beauté unifie et marque un point sur le découragement ou la résignation. Car dés que nous nous laissons toucher par la beauté, les parties blessées ou meurtries peuvent cicatriser et faire place à du nouveau.

Choisir le beau

Choisir le beau pour oublier ce qui nous agite ou nous préoccupe : y a-t-il meilleur service ? Les problèmes ne sont pas résolus, mais oubliés dés lors qu’une autre chose beaucoup plus importante et inspirante a pris la place. La beauté a cette capacité de nous mettre en relation avec une dimension élargie de vous-même : cette ouverture arrose notre quotidien des ressources et outils dont nous avons besoin. Ainsi révéler une beauté sans complexes, en illuminant tout ce qui nous constitue, lumière et ombre, permet de récréer une unité.

La beauté révèle alors des mondes ignorés, des possibilités sans nom qui échappent à l’intelligence concrète et rationnelle. Elle signifie un acte libérateur qui permet de dissocier le plaisir de l’attachement. La beauté fait partie de ces qualités qui permettent de « goûter » le monde et de célébrer le moment présent. Savourer davantage.

Si on savoure un fruit, on peut apprendre à savourer tous les types de fruits. Si on peut jouir de tout, on ne s’attache à rien, parce qu’on passe d’une jouissance à l’autre. On passe de la jouissance d’un fruit, à celle d’un livre, à celle d’un ciel étoilé. Si on apprécie tout, on est libre. Et si on éprouve un désir que les conditions ou le contexte rendent impossible, on peut passer à jouir de quelque chose d’autre.

Roberto Assagioli, psychothérapeute et fondateur de la Psychosynthèse

La beauté au service du projet

Tout comme Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, qui se déplace sous une lumière dorée, nous pouvons choisir d’affiner notre regard pour donner au projet sa véritable dimension : celui de bien aimé.

Faire du beau, c’est travailler à reconstituer une harmonie en déterminant une cohérence interne et en déclinant des principes. Il en va de même pour tout ce qui nous entoure. En recréant cette harmonie qui est au cœur de la nature même, nous nous inscrivons dans ses grandes lois et concourrons à l’évolution naturelle : celle qui passe par le plaisir.


Publié le