Petite balle au milieu de l’inconscient collectif

L’âme du monde

Écouter Michel Cazenave (écrivain, philosophe, poète et connu pour être le spécialiste de Jung en France) parler de l’inconscient collectif et des archétypes est une grande chance. J’écoute et, au fur et à mesure que les mots et les références s’enchaînent, une nouvelle dimension s’ouvre à moi : elle a toujours été là mais je m’en étais éloignée. Me revoilà connectée à la puissance de l’imagination vraie, à l’inconscient cosmique, à l’infini, à l’âme du monde, au jeu de ces forces inconnues qui font de moi une petite balle balayée par des coups de vent (ou des paris divins).

L’inconscient collectif est tout ce qui échappe au pouvoir de la conscience. Il porte en lui une connaissance innée des structures du monde. Cette connaissance s’enracine dans l’âme universelle et cosmique, dans laquelle l’espace-temps n’existe pas. Il est pour chacun de nous un maître intérieur qui nous guide et un interlocuteur avec qui converser. Il y a souffrance quand l’âme n’est pas reconnue comme telle, avec son maître intérieur. C’est comme un rêve incompris qui ne peut délivrer sa richesse.

L’archétype est une structure vide de l’inconscient collectif (les mêmes archétypes peuvent se manifester dans des images complètement différentes), présente dès le commencement. Nous sommes sous l’emprise de l’archétype et avons besoin de nous en libérer. Il ne s’agit pas de détruire le mode comportemental qui nous a construit mais de le dépasser pour permettre à notre essence de se manifester dans notre personnalité. C’est par le pouvoir de l’imagination que nous pouvons accéder à cette dimension archétypale pour dialoguer avec notre intuition. Toute image ou symbole est l’indication d’une vérité profonde.

C’est par la dimension féminine que nous pouvons découvrir notre centre profond et déboucher sur le réel. L’intelligence sensible est féminine : elle manifeste ce qui est approprié, adéquat, vrai, fait sens et résonne. Ce qui fait dire à Lacan : “Il y a des hommes qui sont aussi bien que les femmes”.

Mais attention, tout cela n’est qu’un jeu : nous sommes une balle avec laquelle les forces universelles jouent. Ce qui me fait dire : “Plus je me sens petite balle (et lâche-prise), plus je perçois que je peux accéder à ma vérité”.


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